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//Quid de l’hôtellerie de plein air dans la crise sanitaire du COVID-19 ?

Quid de l’hôtellerie de plein air dans la crise sanitaire du COVID-19 ?

Les trois éditions du baromètre “Confinement – Peut-on encore rêver de vacances ?” réalisées par Campings.com reflètent les tendances de consommation des français en terme d’hôtellerie de plein air. Les résultats semblent confirmer la tendance générale du secteur tout en plaçant l’hôtellerie de plein air parmi les hébergements plébiscités par les français. Suivant l’appel des pouvoirs publics à consommer français, la majorité des familles envisagent leurs prochaines vacances dans l’Hexagone ; une démarche de soutien envers l’économie nationale et le tourisme, qui se voient amputés des premiers départs en vacances des week-ends de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte.

Partir en vacances, oui, mais pour aller où ?

Après un bel élan au mois de janvier, les réservations se sont vues brutalement interrompues. Notons toutefois que celles-ci devraient reprendre rapidement après l’annonce du déconfinement puisque près de la moitié des Français prévoient de réserver leurs vacances dans les 30 jours suivant la fin de la période de confinement.

Mais alors, pour aller où ? Quant la solidarité nationale est évoquée, le tourisme local, lui, ne semble pas faire l’unanimité puisque seulement un français sur deux envisage partir en vacances dans sa propre région. A contrario, l’idée d’un tourisme domestique semble avoir convaincu les français puisque 94% d’entre eux affirment leurs intentions de réservation sur le territoire français, poussés par les recommandations des pouvoirs publics.

Quid de la clientèle étrangère ?

L’annonce d’une fermeture des frontières pour une durée indéterminée pourrait mettre un coup d’arrêt à l’afflux d’une clientèle européenne très friande de nos terrains de campings. Dans le cas où celles-ci resteraient fermées jusqu’à septembre, ce sont les territoires frontaliers (de l’Italie, de l’Espagne ou de la Belgique) qui se verront amputés d’une grande partie de leur chiffre d’affaires.

L’hôtellerie de plein air ne s’en sort pas si mal…

Toutefois, bien que le secteur du tourisme ai subi ces derniers mois un véritable coup de massue, l’hôtellerie de plein air pourrait ne pas être des plus à plaindre. En effet, dans un contexte anxiogène telle que cette crise sanitaire sans précédent, les trois quarts des français définissent les hébergements de plein air comme sécurisants ; pour leurs équipements individuels (sanitaires, cuisine, etc), mais aussi pour la possibilité d’activités en plein air et l’espacement entre hébergements, ce qui aura cruellement manqué à certains pendant le confinement. Toutefois, nuançons ce propos puisque dans l’hypothèse cette fois-ci d’un confinement prolongé pour certains secteurs d’activités, plus des deux tiers des répondants pourraient remettre en cause leur réservation dans un camping en raison d’un espace aquatique fermé au public ou dans l’absence d’un service de restauration. Pour obtenir plus de répondre, il nous faudra attendre la décision gouvernementale à la fin du mois de mai et de la première phase de déconfinement.

Vers une réinvention des modèle de l’industrie…

Quoi de mieux que des vacances au grand air pour se retrouver en famille ou entre amis ? Une chose est sûre, cette année les français voyageront autrement, cherchant davantage un retour à la nature, à l’essentiel. Il en profiteront pour renouer avec les valeurs de solidarité, misant sur la convivialité. Mais alors, dans un contexte, qui, nous l’espérons, sera meilleur la saison prochaine, cette tendance vers un tourisme de proximité perdurera-t-elle à plus long terme ?

Une chose est sûre, cette année les français voyageront autrement

Une telle crise entraînera des modifications structurelles du marché, lesquelles contribueront à accroître les considérations sanitaires et écologiques, muant vers un tourisme raisonné. La clientèle familiale du camping verra apparaître une nouvelle clientèle, celle des Millenials, une jeune génération que l’on pressent davantage préoccupée par les enjeux environnementaux, sans pour autant compromettre leur confort. Friands d’expériences, l’hôtellerie de plein air devra se réinventer afin de répondre aux nouvelles attentes de cette clientèle avertie et exigeante.

Les acteurs de l’hôtellerie de plein air devront miser de plus en plus sur des circuits courts, des habitats légers éco-responsables et tendre vers une transparence de leur gestion en termes de déchets ou d’eau. L’ensemble des services opérationnels seront impactés : exit le livret d’accueil et inventaires papier remis à l’arrivée au camping, exit aussi les litres d’eau gaspillés en arrosage automatique et pour le bon fonctionnement des énormes espaces aquatiques… Il faudra alors tendre vers un modèle plus responsable sans renier avec ce qui fait du camping ce qu’il est aujourd’hui : ses espaces de plein air tant recherchés par les familles !

Il faudra alors tendre vers un modèle plus responsable sans renier avec ce qui fait du camping ce qu’il est aujourd’hui

Quid des professionnels de l’hôtellerie de plein air ?

A l’heure actuelle, 75% des campings indépendants craignent cette saison une baisse de plus de la moitié de leur chiffre d’affaires et envisagent le recul des investissements à court terme. Quant à la date de fermeture initialement prévue, elle pourrait être prolongée à novembre afin de faire perdurer la saison et répondre aux demandes croissantes de réservations sur ce mois. L’annonce d’une rentrée scolaire repoussée à la mi-septembre pourrait ainsi entériner cette décision.

Quant à la demande, elle se verra impactée  à court terme, les hôteliers seront confrontés à davantage de réservations last-minute. Les durées de séjours, quant à elles, seront réduites pour une majorité de français, souvent contraints par leur employeur après une longue période de chômage partiel.

Enfin, l’accent sera mis sur un renforcement des mesures sanitaires : désinfection des hébergements, des parties communes… Les heures de check-in se verront ainsi repoussées et le besoin de personnel revu à la hausse. 

A plus long terme, c’est toute l’industrie qui devra faire preuve d’adaptabilité et de flexibilité. Les mesures de distanciation sociale auront contribuées à l’accélération de la transformation digitale. La fastidieuse étape du check-in se verra remplacée par une approche moins human-to-human, basée sur la technologie de la reconnaissance faciale. L’approche no-cash engendrera également une montée en puissance de l’expérience mobile : le smartphone remplacera ainsi les méthodes de paiement habituels.

Également, et nous l’avons détaillé dans un précédent article, le COVID-19 aura sans doute sonné le glas des conditions tarifaires trop rigides. Les revenus managers devront adapter leurs grilles et conditions tarifaires en les rendant plus souples. En effet, le client préférera payer plus cher pour avoir la garanti de se voir remboursé en cas d’annulation. La tendance actuelle démontre bien une forte crainte des français envers une possible seconde vague épidémique. En termes de demande, cela se traduit par une préférence pour un remboursement en cas d’annulation et non un avoir. Volonté qui ne va pas de pair avec le besoin de trésorerie des entreprises en cas de rechute de l’activité…

Tout l’enjeu de muter vers un nouvel écosystème sera ainsi de parvenir à corréler les exigences et spécificités des entreprises aux nouveaux besoins et comportements consommateurs.

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©Camille Le Gal, 2020 / Tous droits réservés / Crédit images : Pixabay.

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